Le lac Mercier [1850-2020]

” Sur la trace de nos ancêtres”

conception: Patrice Vachon

Train au lac Mercier, vers 1950 Collection Karin Balchunas

A.-  INTRODUCTION

  1. Mise en contexte

i) La curiosité

La « curiosité »…, ce désir intense, indiscret et insatiable de connaissance et de savoir, nous a amenés à réaliser des recherches sur les origines de nos ancêtres et du développement de notre région, notamment de notre lac, le « lac Mercier » (autrefois appelé « lac Sem »). Pour ceux et celles qui éprouvent cette même passion et cette soif du savoir,  vous ne serez pas en manque, car il nous fait grand plaisir de vous partager le fruit de nos découvertes et réflexions. Vous pourrez compléter vos lectures ou apprentissages sur ce sujet par les excellentes sources de références citées à la toute fin de cet ouvrage. Notre récit se poursuit donc sur une échelle temporelle de 170 ans, débutant au milieu du 19e siècle, jusqu’à ce jour.

ii) L’histoire romancée de Joseph-Arthur et de Rose-Anna

Comme mise en bouche à ce fascinant volet historique sur nos origines et « sur la trace de nos ancêtres », quoi de mieux que de vous faire vivre les émotions du moment, par une petite « introduction romancée » où, un certain 24 décembre « 1874 », 6h45 AM, veille de Noël, une magnifique aventure s’amorçait pour deux de nos ancêtres : un certain Joseph-Arthur (1854-1917) et son épouse, Rose-Anna (1856-1925).

Les deux tourtereaux s’étaient portés acquéreurs d’un lopin de terre auprès de l’agent des terres à Montréal, avaient fait leurs adieux à leurs amis et quitté la grande ville avec leur balluchon, une calèche, deux chevaux, quelques vivres et leur fidèle chienne Lilly La Tornade. Ils avaient pour objectifs de venir découvrir notre région et s’y établir sur les rives mêmes de notre lac, le lac Sem. L’endroit avait été savamment choisi : à quelques mètres mêmes de l’emplacement où, 55 ans plus tard, en 1929, sera construite l’actuelle église de ce que l’on appelle aujourd’hui, le « vieux village de Tremblant ».

Nous vivrons ainsi une journée typique de l’an de grâce 1874 avec Joseph-Arthur et Rose-Anna pour comprendre la dure réalité de la vie matinale de l’époque, mais également pour réaliser que l’ultime bonheur n’est pas dans les « biens matériels » que nous accumulons et qui nous entourent, mais bien dans la « présence humaine » et le « confort que l’on s’apporte les uns, les autres ».

iii) « Le Lac Mercier [1850- 2020] – Sur la trace de nos ancêtres »

Cette mise en contexte sera ensuite suivie de notre analyse sur le thème principal de cet ouvrage : « Le Lac Mercier [1850- 2020] – Sur la trace de nos ancêtres ». Nous chercherons comment nos ancêtres s’habillaient, mangeaient, travaillaient, s’éduquaient, conservaient leurs aliments, occupaient leurs loisirs, etc. Nous examinerons également d’où leur est née l’étincelle qui a fait qu’un beau jour, ils ont voulu quitter l’Europe, pour certains, ou quitter le confort et la sécurité de la grande ville (Montréal) pour d’autres déjà établis en Nouvelle France, afin de s’éloigner vers ces terres lointaines et inconnues qu’on appelle aujourd’hui, Mont-Tremblant. À travers cette épopée, nous examinerons comment ils ont dû rapidement apprendre et se transmettre le véritable art du survivalisme et de l’ingéniosité et comment ils ont dû vaincre l’adversité et l’isolement.

iv) Toute histoire a un début…

La nôtre, celle de la découverte du Lac Sem, par Joseph-Arthur et Rose-Anna, commence ainsi …

B.-  UNE MATINÉE TYPIQUE DE 1874…

… ROMANCÉE

i) Dans un tipi, sur les rives du lac Sem…

« Rose-Anna », 18 ans, magnifique jeune dame élancée à la chevelure longue et blonde ondulée est là, confortablement assise sur un épais lit de mousse recouvrant une grosse bûche placée à la verticale dans le coin de l’abri de fortune en forme de « tipi » de 5 mètres de haut construit quelques semaines auparavant par son mari, « Joseph-Arthur » à l’inspiration des Amérindiens. Joseph-Arthur est un véritable colosse de 6 pieds, 3 pouces, aux mains de fer, âgé de 20 ans, d’une débrouillardise, ingéniosité et courage hors du commun. L’étoffe et la carrure d’un vrai colon.

L’abri fut bâti pour y passer l’hiver, le temps que Joseph-Arthur et Rose-Anna terminent la construction de leur cabane, pièce sur pièce, fabriquée de billes de bois équarri sur les quatre faces. Joseph-Arthur envisageait l’assemblage de ces pièces à queue d’aronde dans les coins tout en calfeutrant les fentes à l’étoupe: leur cabane au Canada où ils pourraient y emménager dès l’été 1875 sur le tout premier lot #001, au bord des berges d’un magnifique lac encore inconnu de plusieurs, le « lac Sem », que Joseph-Arthur avait choisi auprès de l’agent des terres à Montréal. Ce dernier lui avait délivré son billet de location, un document officiel aux termes duquel Joseph-Arthur s’engageait à défricher et à cultiver 10 % de la superficie de son lot et à y bâtir une maison, contre un paiement total de $30.

Pour le moment, le tipi tenait lieu de demeure temporaire. Il était néanmoins solidement bâti à l’aide d’une quinzaine de longs rondins montés à la verticale et liés en sa cime par des tendons de caribous. Chaque rondin était joint à l’autre par d’innombrables longues branches de sapinage entrelacées et enchevêtrées savamment les unes aux autres pour couper le vent et se protéger du froid strident de la nuit. L’écorce de bouleaux, alliée à la mousse de lichen et de multiples feuilles d’automne recouvraient le tout et calfeutraient ici et là les derniers espaces quasi invisibles ayant pu tenter de laisser s’infiltrer un inquisiteur filet d’air froid. La porte improvisée était constituée d’une lourde peau d’ours conservant jalousement la chaleur intérieure. L’abri était merveilleusement bien isolé : Alors qu’il faisait l’équivalant de moins 18 degrés Celsius à l’extérieur, il faisait un confortable plus 18 degrés à l’intérieur. Seul un orifice d’environ trente centimètres dissimulé au sommet du tipi laissait s’échapper un long filet de fumée blanche provenant du feu de camp situé au milieu de l’abri et entretenu jour et nuit, bien cerclé de grosses pierres pour en capter et en diffuser en continu la chaleur.

Joseph-Arthur avait savamment étudié et choisi l’endroit sur des cartes sommaires de l’époque pour y bâtir sa cabane : aux abords d’un certain lac que les Amérindiens avaient baptisé le « lac Sem »[i].

Le sifflement du vent, chatouillant les branches de sapins qui servaient de murs à l’abri, suit la douce cadence du crépitement du feu de camp d’où commence à fondre la neige blottie dans la lourde casserole de fonte suspendue au trépied enjambant le feu pour confectionner la bonne tisane fortifiante matinale. La nuit dernière a laissé sa dernière bordée de neige.  Le silence de celle-ci ne fut interrompu que par de brefs hurlements de deux meutes de loups de montagnes voisines se souhaitant sans doute à leur façon, un joyeux Noël dans leur propre langage.  Dehors, tout est paisible et d’un blanc immaculé.  On ne peut que deviner l’assise de la calèche bien camouflée sous près d’un mètre de nouvelle neige.  Joseph-Arthur, encore étendu, somnolent sur un lit touffu de sapinage, sa fidèle chienne Lilly blottie tout contre lui, admirait, les yeux entre-ouverts, la délicieuse silhouette de Rose-Anna maintenant agenouillée devant le feu et affairée à la préparation du petit-déjeuner. Rien de bien élaboré ce matin : une grosse chaudrée de fèves aux lards à la mélasse dans un chaudron noir suspendu au crochet juste au-dessus du feu dont les flammes léchaient les parois, accompagnée d’un pain rassis et à la graisse de porc et cette tisane tellement appréciée des colons.

ii) À quoi ressemblera le 24 décembre 2020, 6h45 AM?

Rose-Anna, tel un somnambule, était elle-même encore plongée dans ses rêves les plus fous tout en voyant poindre à la surface de la marmite les premiers bouillonnements de la chaudrée :

Mais, rêvassait-elle … à quoi ressemblera cette région, ce lac, cette berge, ses habitants, ses riverains, dans 10 ans, 50 ans, 100 ans, allez… : je me laisse emporter : disons … à une date bien précise :

Un certain 24 décembre « 2020 », à 6h45 AM ???

iii) Notes au lecteur

Après avoir parcouru avec vous l’épopée de plus d’un siècle et demi, soit de 1850 à 2020, « Katherine » et Pierre-Olivier, les descendants de 4e génération de Rose-Anna, répondront à cette question pendant que leur mère, Marie-Claude, se prépare à savourer une nouvelle journée de ski sur « sa » montagne, le Mont-Tremblant.  Pour les plus curieux, vous pouvez immédiatement courir voir la réponse à la toute fin du récit ou … vous pouvez aussi vous laisser emporter par les flots du récit, suivre le courant et les aventures de nos ancêtres en poursuivant la lecture de la merveilleuse histoire de nos ancêtres du lac Mercier, du 24 décembre 1874 au 24 décembre 2020, en empruntant quelques récits à l’histoire pour la période de 1850 à 1874 (et même de 1650 à 1850).

Bonne lecture…

C.- SUR LA TRACE DE NOS ANCÊTRES

1850-2020 : De bûcherons, à pionniers, à colons, à habitants, à citoyens, … à nous

i) L’époque

Notre récit débute en l’an 1850, le 1er janvier (avant le départ de Joseph-Arthur et de Rose-Anna pour notre lac).  C’est l’époque où, de nos jours et sur nos bancs d’école, on nous apprend que les Louis-Hippolyte LaFontaine, Étienne Parent et George-Étienne Cartier avaient tourné la page à leur passé révolutionnaire pour accepter l’union du Haut et du Bas-Canada décrétée en 1840.

C’est aussi l’époque où le « télégraphe » et le « chemin de fer » avaient révolutionné l’histoire ayant mis la table à la croissance exponentielle et vertigineuse des communications et de la découverte de nouvelles régions, toujours plus lointaines les unes des autres.  Certains historiens iront même à comparer cette croissance de l’époque à celle que nous avons connue lors de l’arrivée révolutionnaire de l’Internet le 24 octobre 1995 [ii] puis des ordinateurs personnels. [iii] 

Mars 1867 fut également une autre date charnière où le Parlement britannique adopta « l’Acte de l’Amérique du Nord britannique » réunissant sous une même Constitution le Canada-Uni (composé du Canada-Est devenu la province de Québec et du Canada-Ouest devenu la province de l’Ontario), le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse.[iv] À titre de référence, le Québec comptait une population de presque 1,2 million d’habitants en 1871, dont 86 % étaient catholiques et 78 % d’origine française.[v]

ii) Les hommes

On peut dépeindre les premiers bûcherons, pionniers et colons du milieu du 19e siècle, comme des travailleurs acharnés, sans bornes et sans limites, curieux, courageux, avides du désir d’explorer et de découvrir de nouveaux territoires pour les plus jeunes et qui, dès les premières lueurs du jour et ce, jusqu’au crépuscule, s’affairaient à leurs métiers exténuants tout en pourvoyant aux besoins immédiats de leur existence et, éventuellement, de leur famille : 1) abri/équipement/outil, 2) eau/nourriture, 3) vêtements, et 4) feux/combustible. Ces premiers bûcherons dans les années 1850 sont plus particulièrement des hommes, notamment venus de Saint-Jérôme. Ils sont célibataires, jeunes, en quête de défis et partent ainsi vers l’inconnu : à la découverte d’une nouvelle région, d’un nouveau pays, d’un Nouveau Monde, d’une terre promise : la Nouvelle-France. Ils y pratiqueront plusieurs métiers : la coupe du bois, la drave, la traite des fourrures, l’élevage, l’agriculture, etc.[vi]

iii) Les veillées entre hommes

Le soir venu, ces pionniers intemporels organisaient des veillées et s’y rencontraient, confectionnant leur boisson favorite : un « P’tit Caribou ». Ce cocktail euphorisant, dont la tradition s’est poursuivie au fil des ans, était, à l’époque, un mélange de « sang de caribou et d’alcool », l’alcool servant à rendre le douteux cocktail plus digeste.[vii] Nos ancêtres se plaisaient à partager généreusement cet élixir et l’eau-de-vie … et leurs effets. Plus ils en prenaient, plus les effets se faisaient sentir sur le timbre de leurs voix!  Chaque soir était également propice à un concours : celui qui réussirait à remplir la pièce, le plus rapidement possible, de la fumée de sa pipe bien bourrée. 

Nos grands-pères et arrière-grands-pères profitaient de chaque soirée pour se raconter des histoires plus farfelues les unes des autres et discuter, entre hommes, de leurs exploits du jour, tout en s’adonnant à leurs jeux préférés : jeux de cartes pour certains; jeux de dames pour les autres; billard parfois, jeux de dés et trictrac, etc.,[viii] le tout, à la lueur fébrile et scintillante de quelques bougies dansant au gré des déplacements d’air dans la chaumière. Chez les plus érudits, la lecture était un bon passe-temps. Il faut toutefois souligner que peu de personnes ne savaient lire et écrire et, étrangement, tous signaient de la même manière : un « X ».  Plus tard, dans les villages plus organisés, les spectacles furent fort appréciés et une occasion de grande sortie. Les soirées dansantes étaient également prisées, notamment les sets carrés.[ix]

iv) Les femmes

Les dames, elles, ménagères au grand sens de l’organisation, débordaient de créativité et d’ingéniosité. Véritables virtuoses dans l’âme, transmettant leur savoir-faire de mère en fille, elles savaient faire tout, avec rien. Elles travaillaient aussi fort que les hommes, pour le bien-être matériel et culturel de la famille, s’affairant aux très nombreuses tâches ménagères répétitives et s’occupant des très nombreux enfants du clan familial en plus des nombreux animaux domestiques et de la ferme. 

Il était enchâssé dans la loi et rappelé lors de chaque sermon de Monsieur le Curé de l’importance vitale de procréer. Par exemple, le « Bill des 100 acres » vit le jour afin d’encourager les naissances : « toute famille qui compte 12 enfants vivants peut se faire octroyer gratuitement une terre de 100 acres du domaine public »[x]. Le travail des dames était axé vers la tentative d’amoindrir la vie de petite misère de l’époque (car le confort n’existait pas) et le succès à long terme de l’exploitation de la ferme. Elles devaient faire preuve de force, de courage et de bravoure face à l’inconnu, à la solitude, aux privations et l’absence prolongée de l’homme de la maison.

Les tâches incombant aux dames étaient très variées et ardues : s’occuper des enfants, soigner les animaux, cuisiner pour la famille, s’occuper du mari, entretenir le potager, fendre le bois et le corder, aider dans les lourds travaux de fermes (labours, coupe du foin, semences, récoltes, etc.), fabriquer le savon, les conserves, le beurre, cueillir les petits fruits, faire les confitures et les mettre en conserve, traire les vaches, tondre les moutons, filer, tisser et tricoter leur laine pour en confectionner des vêtements, faire les souliers, agir comme médecin et infirmière de la famille, agir comme sages-femmes, assurer l’éducation et les bases de la religion, etc.

v) La survie

Le non-dit sur nos ancêtres, et ce que l’histoire omet souvent de raconter et qui mérite une petite minute de réflexion et de remerciements pour les fins de l’exercice poursuivi par cet ouvrage, est ce mode de vie, aux difficultés extrêmes, auquel nos ancêtres étaient confrontés au quotidien, pour survivre, car c’était littéralement de la survie à toute minute du jour! 

Oubliez votre confort au foyer où, du bout du doigt ou de la voix : Ok Google…, Hey Siri… : la lumière et la télévision s’ouvrent; la chaleur de la plainte électrique vous conforte. Oubliez également le confort d’une chasse d’eau vous rendant la vie tellement plus facile que le trou de la bécosse extérieure et, … que dire de l’eau courante de l’évier de votre cuisine ou plutôt que descendre à la rivière ou au lac avec la hache et un sceau, à moins 35 degrés Celsius, pour entretenir le trou dans la glace y pour récolter l’eau nécessaire pour cuire, faire la lessive et assurer vos besoins corporels.

vi) Le respect bien mérité

Nos ancêtres méritent pleinement notre respect : Travail physique éreintant, 12h00 à 14h00 par jour, solitude, isolement géographique, malnutrition, insécurité financière et personnelle, conditions de logement minimalistes. Ajouter à ceci, les tempêtes de neige et le froid hivernal d’antan et le fléau des moustiques en été (hé oui, pour nos ancêtres aussi) : c’était une vie de petite misère qui attendait ceux et celles qui se lançaient dans l’aventure de la colonisation. Mais la terre promise en valait bien la chandelle.[xi]

vii) L’évolution

De « Bûcherons » vers les années 1835-1850, attirés principalement par les besoins en main-d’œuvre d’une dizaine de fermes forestières sur le territoire actuel de la MRC Antoine-Labelle[xii], nos ancêtres acquirent le titre de « colons » vers les années 1870, puis d’« Habitants » vers 1893.  En 2020, les historiens du futur nous honoreront en nous conférant le titre de « Citoyens »!

La vie dans la chaumière

i) Le petit déjeuner

Oubliez les McDonald et Tim Horton : Bien avant l’aube, les colons dévoraient un gros déjeuner, car la journée allait être longue et ardue. Leur appétit était démesuré et exigeait une alimentation riche en protéines et en fibres avec des portions généreuses. Le travail des hommes était manuel et physique. 

Dans les années 1850, la nourriture « européenne » avait déjà commencé à laisser place aux produits plus « canadiens », tels les produits de la chasse, de la pêche et les plantes locales.  Le « lard » occupait toujours une place dominante. Le petit déjeuner était souvent constitué de fèves aux lards ou de bouillies à base de céréales ou de soupes aux légumes, toujours accompagnés de pain blanc ou bis. Le pain blanc était fait de farine fine et de froment, alors que, dans le bis, on ajoutait du son et du seigle.  La tisane ou le thé complétait le repas. Chez les familles plus aisées, le café noir était prisé. Pour se rafraîchir, le colon se concoctait fréquemment un cocktail à base d’« épinette blanche » qui ultérieurement donna notre « bière d’épinette » bien connue.  Bien rassasié, notre colon quittait alors pour une longue journée de travail laborieux qui l’attendait jusqu’à la noirceur.[xiii]

ii) Les jours de la semaine

La Sopabic nous enseigne comment se déroulait la semaine[xiv] :

Lundi était jour de lavage dans la plupart des ménages canadiens. Oubliez votre laveuse et sécheuse Maytag ou Whirlpool. La routine voulait que l’on débute la journée en chauffant la truie chez certains ou le poêle à bois chez d’autres. Le pain grillé et le déjeuner chaud sur le poêle à bois précédaient le réchauffement de l’eau dans la grande cuve à lessive. Dès les premiers bouillons, commençait alors la corvée de lavage. Le savon utilisé, n’est pas votre savon Ivory de chez Métro ou IGA : On le faisait maison avec le gras d’animaux qui était précieusement conservé. La séance de séchage s’en suivait sur une série entrecroisée de cordes à linge apprêtées et improvisées ingénieusement à cette fin, attachées ici et là, à l’intérieur comme à l’extérieur. Un véritable labyrinthe intérieur.

Mardi était jour de repassage. Toujours après voir chauffé à nouveau la truie ou le poêle à bois, on y déposait le fer à repasser et, lorsqu’il était bien chaud, la longue corvée du repassage débutait.[xv]  [xvi]

iii) Les veillées

Les soirées familiales dans les chaumières se ressemblaient toutes. Le crépuscule venu, les flammes aux couleurs d’arc-en-ciel des bougies et lampes à huile rivalisaient de beauté étincelante pour éclairer sobrement l’ambiance de l’unique pièce de la chaumière où la nombreuse famille cohabitait, entassée les uns aux autres, dans ce tout petit logis de quelques centaines de pieds carrés, certains chanceux profitants d’une couverture accrochée au plafond en guise de paravent improvisé. La famille s’attablait alors pour déguster le bon repas copieux préparé par la dame de la maison après avoir prononcé l’incontournable prière au bon Dieu :

« Bénissez-nous, Seigneur, bénissez ce repas, ceux qui l’ont préparé, et procurez du pain à ceux qui n’en ont pas ! Ainsi soit-il ! ».

Souvent, le curé du village s’invitait à l’improviste pour le souper et c’était alors l’occasion de sortir ses plus beaux apparats et sa plus belle vaisselle et combien il mangeait et en avait de la jasette, ce curé![xvii]   On y vivait au gré de la lueur du jour et des saisons. À l’heure de se coucher, à genoux au pied du lit, vêtus de jaquettes pour les dames et de « combines à grand manche et ouverture avec porte arrière » pour les hommes, on priait le bon Dieu en lui exprimant sa gratitude pour la journée passée et en lui confiant la nuit à venir, puis le sommeil et les rêves vous emportaient vers le lendemain, où, comme le film « Le jour de la marmotte » (Groundhog Day)[xviii], on revivait le même jour à nouveau.

Les vêtements

i) La confection des vêtements

Oubliez les Holt-Renfrew, La Baie, Simons, Zara et Lululemon : Il revenait aux dames (couturières, tricoteuses et crocheteuses), entre deux « corvées de lavage » et « vingt-quatre patates épluchées », de confectionner les vêtements de la famille, faisant usage de la plus haute créativité et de l’usage de mains de fées. [xix] [xx]

Maniant aiguille et fil (ou laine) avec une dextérité surprenante, les tissus recyclés, troqués avec la voisine ou achetés au magasin général et les peaux et les cuirs, produits de la chasse, servaient à confectionner vêtements, chaussures et attelages d’animaux. S’inspirant des plus grands couturiers dont les dames s’empressaient de parader leurs dernières trouvailles ou confections les jours de grandes occasions au village, elles reproduisaient, personnalisaient et fabriquaient de magnifiques vêtements aux bordures et ornements inspirés du moment et adaptés aux modes et aux différentes saisons. « Souvent les femmes défont des vêtements existants et retaillent les morceaux pour fabriquer un nouveau vêtement ».[xxi] Éloignées des magasins et ne disposant que de peu d’argent, les femmes misent sur leur créativité et leur habileté afin de vêtir leur famille.

ii) Les chaussures

Quant aux chaussures, hommes et femmes participaient à cette tâche. Oubliez les Crocs, Manolo et Lou Boutin : les peaux de veaux (plus souples) servaient le plus souvent à la confection des chaussures et des bottes. On les protégeait avec de la graisse d’ours. Plus tard, on commença à avoir recours à de l’huile de lin.[xxii] Ouvrons une parenthèse : L’industrie de la chaussure a pris un envol extraordinaire à cette époque dans les grands centres urbains passant de l’artisanat à la fabrique et à l’industrialisation. De 1864 à 1870, l’industrie de la chaussure occupa une place de premier rang dans la vie économique de Montréal. En 1861, avec ses 1 396 employés, elle occupe 5,6% de la main-d’œuvre de la ville de Montréal.[xxiii] Elle est une source intarissable d’inspiration pour les artisans, hommes et femmes, des régions rurales qui n’ont pas les moyens de se fabriquer de telles chaussures et qui se les fabriquent à la main.

Le travail

i) Les femmes

Oubliez IPad, I-Phones, Internet, jeux électroniques, mots fléchés ou croisés et séries télévisées : vers les années 1850, les femmes, ménagères, s’affairaient au foyer familial et… aux très nombreux enfants.

ii) Les hommes

De l’aube au crépuscule, les hommes eux (bûcherons, puis colons, puis habitants), passaient leurs journées au grand air, s’occupant à leurs métiers au dur labeur, bien souvent réveillant Monsieur le coq lui-même, tant ils étaient tôt à l’ouvrage.

iii) Les métiers

Les métiers des premiers colons[xxiv] étaient principalement axés vers les tâches primaires : bûcherons pour les uns et draveurs pour les autres au départ[xxv]. Il fallait ouvrir le territoire, faire des chemins, construire des églises, des maisons, des magasins, des commerces, etc.  Puis vinrent s’établir les premiers fermiers.

Ayant besoin de glaces pour préserver les aliments, le métier de coupeurs de glace prit forme vers les années 1850 pour disparaître cent ans plus tard vers les années 1950. Selon l’historien Sigfried Giedion, l’exploitation de la glace naturelle, serait une industrie typiquement américaine qui aurait vu le jour autour de 1800.[xxvi]

S’additionnèrent graduellement à ces métiers, les premiers curés, commerçants, enseignants, professionnels (docteurs, dentistes, avocat, notaire), hôteliers, restaurateurs, etc. La conception d’un village commençait toujours par la construction de l’Église autour de laquelle rayonnera le magasin général, l’hôtelier et les premiers habitants et commerçants du village.

iv) Les commerces

L’avènement du train dans la région donna ouverture pour de nouveaux produits vers de nouveaux marchés, notamment des produits du bois. Ainsi, vers la fin du 19e siècle, l’industrie du bois est devenue la principale source de commerce à Ste-Agathe avec l’ouverture de la papeterie Rolland à Saint-Jérôme, le vaste marché du bois de chauffage à Montréal, le marché des madriers, planches et moulures nécessaires à la construction résidentielle et industrielle à Montréal qui grandit.[xxvii]

v) Les moulins

Vers les années 1876, les moulins ont commencé à jouer un rôle d’accélérateur au développement de notre région. Ces moulins furent stratégiquement installés sur les rives des rivières et cours d’eau. Actionnant une gigantesque roue à mouvement perpétuel, le mécanisme conférait ainsi le pouvoir nécessaire à la création d’énergie nécessaire au développement de nouveaux créneaux. C’est ainsi que virent jours les premiers moulins de la région :  les moulins à scie, les moulins à farine et les moulins à carder la laine. C’est, entre autres, grâce à l’implantation de ces moulins que la région a pu connaître un essor et un développement accéléré et important à compter de 1876, attirant plusieurs hommes à la recherche de travail.

vi) Les draveurs

Le métier de draveur était un dur métier : de 4h00 AM à 18h00 PM pour un passage de 20 à 30 jours et pour un maigre salaire de 8 $ par mois en 1860 (32 $ en 1920).  Il consistait à transporter « la pitoune » destinée à la construction et à l’industrie papetière en les faisant flotter des fermes forestières jusqu’à leur destination, bien souvent, Montréal). Ce métier fut interdit et disparu en 1995 en raison de la pollution de l’eau par le mercure présent dans l’écorce de résineux qu’il occasionnait. L’avènement du train prit graduellement la relève.

Le draveur, chaussé de bottes spéciales redorant des pointes métalliques, cherchait à maintenir son équilibre fragile sur ces billots et, à l’aide d’une longue perche crochetée (tourne-billes), tentait de les diriger tel le berger dirigeait ses moutons.[xxviii]

Cette période de la fin du 19e siècle est également le reflet d’une difficulté notoire de coordination et d’homogénéité. On cite par exemple, « l’ancienneté des peuplements, l’accès plus ou moins facile aux marchés, urbains ou étrangers, la qualité des sols, la durée de la saison végétative, la disponibilité de la main-d’œuvre et du capital et l’accueil réservé à la nouvelle technologie » comme éléments expliquant les écarts de développement et de productivité de l’époque non seulement entre les régions, mais aussi à l’échelle intrarégionale et même locale.[xxix]

Le cœur du village

i) L’Âme du village

À l’époque de nos ancêtres, vers ces années 1876, deux lieux principaux se rivalisaient pour redorer l’emblème de « l’âme» du village et principal lieu de rassemblement de ses habitants :

(i) l’église; et (ii) le magasin général.

ii) L’église

L’église était le lieu de culte où Monsieur le Curé accueillait les habitants. C’était l’occasion de bien se vêtir et redorer ses plus beaux apparats. C’était la sortie hebdomadaire en famille. À pied pour certains, en calèche pour d’autres. Sur le perron de l’église, juste avant le début de la messe du dimanche, les potins les plus saugrenus s’échangeaient de bouche à oreille indiscrets. Tous les sujets de la semaine non couverts par les occasions du soir, qu’il s’agisse de mode, d’actualité, de politique, d’économie, de chasse et pêche, de visites dans une autre région ou de projets de développement, étaient couverts.

À la messe, seuls les garçons pouvaient être enfants de chœur.  Vous vous souvenez de ce magnifique bijou qu’on appelle un « chapelet »? Il permettait de suivre discrètement la messe, chacun pour soi, dans son recueillement discret et personnel, rosaire après rosaire. Entrelacés de quelques signes de la Croix et de « Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen », chacun récitait, en son for intérieur cent cinquante « Je vous salue Marie ». La durée de la messe était d’au moins deux bonnes heures, dont au moins une consacrée au long sermon de Monsieur le Curé.

iii) L’église du lac Mercier

Notre magnifique église mythique, l’Église du Lac Mercier, construite entre 1929 et 1930, s’appelait autrefois « l’église du Sacré-Cœur-de-Jésus » et était le lieu de culte de tradition catholique.  Elle fut acquise par la Ville de Mont-Tremblant en 2011 afin d’être convertie en centre culturel.[xxx]

iv) Le magasin général

Le magasin général était cet autre lieu essentiel de survie, de rencontres et d’approvisionnement. Les marchandises de toutes sortes étaient offertes par le propriétaire de cet incontournable magasin général. Oubliez le parcours dans les rangées pour toucher, sentir, visionner et choisir vos biens : le propriétaire était fièrement debout derrière son long comptoir de bois massif attendant son prochain client. La clochette de la porte sonna. Un client entra : « Tien, c’est toi Joseph-Arthur? Bonjour Joseph-Arthur, dit le propriétaire, Louis. » Tout le monde se connaît au village. « Que puis-je faire pour toi Joseph-Arthur? J’aurais besoin de beaucoup de choses Louis : clous, nouvelle hache, farine, tissus pour Rose-Anna, etc. ».[xxxi]

Les aliments et leur conservation

i) La nourriture commune

Oubliez les Bonichoix, IGA, Métro et dépanneurs. Lors de la venue des premiers colons dans notre région, vers les années 1881, leur nourriture était principalement composée de galettes de sarrasin faites avec la farine que le colon avait apportée avec lui dans son périple pour trouver un lopin de terre et y construire sa chaumière. Il agrémentait ce succulent repas d’une « soupe aux herbes », mélange d’eau et de plantes sauvages cueillies dans la forêt. S’il était chanceux, de la truite ou encore, le produit d’une chasse, accompagnait le tout et cet ensemble était bien souvent entremêlé de protéines procurées grâce aux très nombreux moustiques le harcelant jour et nuit et tombés « par hasard » dans son assiette.  Pour desserts, des petits fruits frais cueillis le jour même ou la veille.[xxxii]

ii) Les cultures

Nos ancêtres ont ainsi rapidement intégré à leur régime alimentaire animaux, oiseaux et poissons ainsi que plusieurs plantes comestibles indigènes. Les cultures ont permis d’introduire ultérieurement les céréales et légumes.  Le pain, le lard et la viande de bœuf constituaient néanmoins la base de leur alimentation.[xxxiii] 

iii) Le troc

Plusieurs familles fermières pratiquaient également le troc des récoltes de leurs cultures et les habitants complétaient leurs glacières de produits de la pêche et de la chasse.

iv) La chasse

La faune était abondante et regorgeait de mammifères de toutes sortes, dont des orignaux, ours noirs, loups, cerfs de Virginie, renards roux, lièvres d’Amérique, castors, rats musqués, loutres de rivière, visons d’Amérique, etc.[xxxiv] Un animal était souvent réservé à Monsieur le Curé pour qu’il le partage aux familles les plus démunies. Les vendredis maigres « sans viande » étaient réservés aux repas de poissons pêchés par les jeunes fils de la famille. Aucune viande le vendredi!

v) La conservation des aliments

Pour conserver les aliments, les habitants faisaient usage de leurs puits, caveaux ou bidons métalliques plongés dans l’eau froide d’un lac ou d’un ruisseau. Les carpes pêchées en grands nombres étaient également conservées en conserves.[xxxv] 

Les glacières existaient depuis fort longtemps prenant une forme ou une autre. Chaque ferme adoptait ses propres moyens. Caveaux pour plusieurs, sous-sol pour d’autres, brans de scie pour la plupart, etc. C’est à compter de 1946, que la région connut l’avènement des glacières. Pour 25 cents le morceau, les habitants du lac Mercier pouvaient se faire livrer un bloc de glace. Ils pouvaient en consommer jusqu’à cinq par semaines durant les chaudes chaleurs de l’été.[xxxvi]

Les déplacements

i) Les chevaux

Oubliez votre Tesla, Volvo, BMW ou Mercédès (hybride ou électrique). Oubliez l’autoroute des Laurentides (et … les cônes orange et bouchons de trafics). De 1850 à 1920, les déplacements étaient à chevaux ou en calèches, tirées par deux chevaux. Les habitants possédaient un ou des chevaux qui servaient tant pour les déplacements que pour les tâches de travail à la ferme. Pour citer la Sopabic qui a fait une étude exhaustive sur le sujet que nous vous invitons à consulter,[xxxvii] « Le tombereau, la charrette ou le traîneau servent surtout aux travaux de la ferme ou du chantier, le boghei, la carriole et la sleigh s’utilisent pour les sorties, aller à la messe, visiter la parenté ou le voisinage ou s’approvisionner au village.»

ii) L’automobile

À compter des années 1920, alors que les grandes villes comme Montréal connaissaient une prolifération de l’avènement de l’automobile grâce, entre autres, aux infrastructures, les habitants des régions rurales, plus éloignées, dont la région du lac Mercier, ont tardé à se procurer ces véhicules. D’abord parce que la technologie n’était pas encore assez fiable, que les infrastructures n’étaient pas encore appropriées, mais également en raison du fait que les mécaniciens et pièces automobiles étaient plutôt rares.

Le train, les gares, le P’Tit train du Nord

i) Le train, les gares

À l’instar des États-Unis, l’expansion du territoire ne pouvait passer que par le train. Le curé Antoine Labelle posa les jalons du projet du chemin de fer vers 1868, jugeant que ce moyen de transport était le moyen de transport essentiel au développement de notre région. Ainsi, appuyé par Antoine Labelle, le 9 octobre 1876, le tronçon ferroviaire Montréal-Saint-Jérôme est officiellement inauguré afin de freiner l’exode des Canadiens-français vers les États-Unis et desservir les « pays d’en haut ».

C’est en décembre 1892 que la voie ferrée se prolonge ainsi jusqu’à la ville de Mont-Tremblant par le chemin de fer du P’tit Train du Nord et que Saint-Jovite accueille la première locomotive. On doit aussi le déploiement du chemin de fer en 1996, le parc linéaire du P’tit Train du Nord, entre Montréal et Mont-Laurier, à Antoine Labelle.[xxxviii]

i) La gare du lac Mercier

Il faudra attendre l’année 1904, pour que cette voie ferrée se prolonge jusqu’à notre lac, le lac Mercier et en 1909 pour que le chemin de fer arrive au village de Rapide de L’Orignal, aujourd’hui ville de Mont-Laurier.

ii) Les avantages de la voie ferrée

L’Avenue de cette ligne de voie ferrée a été importante pour la croissance de la région : approvisionnement, poste, commerce. Industrie du bois, touristes, etc.

Le développement de notre région, de 1650 à nos jours

i) Les premiers occupants

Avant l’arrivée des Européens, notre territoire était occupé par des tribus indiennes, notamment des Algonquins. Les archives retracées montrent que le territoire a été notamment occupé pendant des millénaires par de petits clans nomades de chasseurs-cueilleurs reliés au groupe culturel et linguistique des Algonquiens.[xxxix] L’histoire nous montre que les premiers colons ont commencé à s’établir à Montréal et à Québec au milieu du XVIIe siècle.[xl]

ii) Honoré Mercier et le développement de notre région

Qu’en est-il vers les années 1850, début de notre récit pour les fins de cet ouvrage? Ce serait principalement à Honoré Mercier (1840-1894), avocat et journaliste, le neuvième premier ministre du Québec (1887-1891) qu’il faudrait attribuer le mérite de développement plus orchestré et organisé de notre région.  Comme il fallait acheminer le bois vers Montréal, les bûcherons ont été dépêchés vers les fermes forestières de la région. Ainsi, au cours de cette décennie, Honoré Mercier réussit à convaincre les premiers bûcherons à s’intéresser à notre région.

C’était l’époque où l’Angleterre avait une puissante flotte navale et avait de grands besoins de bois pour la construction de ses navires et autres grands travaux de construction. Ils eurent vent de la présence, en notre sol, de pins gigantesques et majestueux qu’ils s’empressèrent d’importer chez eux. Le métier de bûcherons devenait alors très prisé. Remontant la rivière du Diable, les bûcherons passèrent le flambeau aux draveurs qui eux firent transporter le bois jusqu’à leur destination en vue de leur cueillette et de leur long voyage outre-mer. Nos grands pins prirent ainsi la destination de la mer vers les chantiers navals d’Angleterre.[xli] 

iii) Antoine Labelle, le Roi du nord

Honoré Mercier s’intéressa également au développement de notre région via la colonisation. On lui doit beaucoup à ce sujet, mais il ne l’aurait pas fait sans la présence de son fidèle sous-ministre, le curé Antoine Labelle[xlii] (1833-1891), un grand colosse de 300 livres. Il lui confia ainsi la charge du ministère de l’Agriculture et de la Colonisation, ministère qu’il créa en 1888. Antoine Labelle, le « Roi du Nord » ou le « Père de la colonisation », portait plusieurs noms et chapeaux : Curé, motivateur, leader, visionnaire, politicien, défenseur de la langue française et de la religion catholique, etc. Il était fasciné par le progrès. Pendant près de 21 ans, il fut un ardent promoteur du développement de la région, des chemins de fer et de la colonisation. Bien sûr, tout devait se faire sur les fondements mêmes de la religion catholique française.[xliii]

Jusqu’aux années 1872, il faut voir le grand axe de Montréal comme couvrant cette ville et s’étendant dans un rayon jusqu’à Saint-Jérôme. Personne n’osait s’aventurer au-delà de Saint-Jérôme. Antoine Labelle avait cette vision qu’il y avait une beauté, une richesse, des terres et une autre âme et une autre vie bien au-delà de Saint-Jérôme. Il fallait coloniser d’autres terres et il fallait que ce soit des Canadiens français, de religion catholique, qui le fassent.

Fervent promoteur donc de la « nation catholique française », Antoine Labelle rêvait et voyait en notre région « la terre promise de son peuple ». C’est ainsi qu’il entreprit de nombreux voyages en Europe. Sa stratégie était arrêtée :  pour peupler et développer notre région, il fallait des colons.

iv) Les voyages en Europe d’Antoine Labelle et le Bill des 100 acres

Pour dénicher des colons, il fallait aller les chercher en Europe et les convaincre de venir découvrir notre terre promise. Il entreprit donc plusieurs allers-retours en Europe pour recruter et tenter de convaincre des Européens de devenir des immigrants catholiques francophones pour peupler notre région.[xliv]

Il fut l’ardent promoteur du fameux « Bill des 100 acres » : aux termes de cette loi, « toute famille qui compte 12 enfants vivants peut se faire octroyer gratuitement une terre de 100 acres du domaine public. »[xlv].  Cette loi était rendue nécessaire en raison de l’émigration de plusieurs résidents vers les États-Unis[xlvi].

Les années 1860-1870 étaient des années difficiles à Montréal : croissance démographique négative, rareté des terres disponibles dans la vallée du Saint-Laurent, mauvaises récoltes, lenteur du processus d’industrialisation, etc. De plus, de très nombreux Canadiens français émigrèrent vers les manufactures des États-Unis où l’emploi était en demande.

v) Le développement du Nord

Pour contrer cette émigration, les dirigeants politiques et religieux de notre province, dont Honoré Mercier et le Curé Labelle, envisagèrent le développement accéléré des régions plus au nord, d’abord vers Saint-Jérôme puis plus au nord, vers Saint-Agathe et plus loin encore. Il fallait inciter et fermenter un nouveau mouvement de migration vers le nord et coloniser ces terres encore inhabitées.

C’est ainsi que commença à germer l’idée du développement des municipalités environnantes à notre région.  Tel que vu ci-dessus, le développement d’une nouvelle colonie passe nécessairement par l’implantation d’une église et d’un magasin général. À ces deux pôles se rattacheront les habitants, commerces et autres colons.

De ces cœurs mêmes villageois ont ainsi commencé à rayonner de petits villages qui se sont agrandis et qui ont attirés les Canadiens français d’origine catholique, les cibles d’Antoine Labelle. Les premiers métiers et commerces prenaient naissance : l’industrie forestière, la ferme et l’agriculture et le commerce. S’inspirant de Augustin-Norbert Morin, celui-là même qui fut au cœur de l’établissement des bases de la création de Sainte-Adèle, en 1852, Honoré Mercier et le curé Labelle s’engagèrent dans des discours de politiciens et sermons de curés rassembleurs et prometteurs (ce qu’ils faisaient de mieux) afin d’encourager les colons à venir découvrir ces nouvelles terres promises et à s’y s’établir.

C’est ainsi que les premiers colons fondèrent les actuelles municipalités de ville de Mont-Tremblant, de Saint-Faustin-Lac-Carré et de Lac-Supérieur. Nous sommes ainsi grandement redevables du développement de notre région à Monsieur le Curé Antoine Labelle. Son nom a été honoré, à bon droit, à plusieurs reprises : La MRC d’Antoine-Labelle, la Municipalité de Labelle, la rue Labelle, etc.[xlvii]

Le développement de Mont-Tremblant

i) L’origine du nom « Mont-Tremblant

Le nom « Mont-Tremblant » tire son origine des Amérindiens. En effet, les premiers, les Algonquins identifient au XVIIe siècle cette élévation comme Manitou Ewitchi Saga, « la montagne du redoutable manitou » ou encore Manitonga Soutana, « la montagne des esprits ».

ii) Le développement du canton de Grandison

Le développement de Mont-Tremblant commença à se fermenter il y a près de 150 ans, entre les années 1874 et 1881, où, grâce toujours au curé Antoine Labelle, plus de deux cents familles franco-catholiques, acceptèrent de relever le défi de découvrir la région au nord de Saint-Agathe. Ces familles, un pas à la fois et un arbre abattu à la fois, commencèrent leurs durs labeurs, haches et scies à la main de défricher le canton qu’on appelait « Grandison ». Ce canton comprend les secteurs du lac Ouimet, de la pointe est du lac Mercier, d’une partie du lac Tremblant ainsi que le Mont-Tremblant.  L’une de ces vaillantes et courageuses personnes, visionnaire et leader dans l’âme, une personne bien connue et respectée de l’époque, « l’abbé Samuel Ouimet » (lac qui tira son nom de cet homme) fut nommé en 1978, le « Missionnaire de la vallée de la Rouge ».

iii) Un déménagement typique vers le nord

La promesse d’une terre était fort simple. Oubliez l’autoroute des Laurentides dans le confort de votre belle voiture!  Le colon, appelons-le Joseph-Arthur, fit, un beau jour de juin 1874, ses bagages, donna ses aurevoirs à ses amis et, avec son épouse Rose-Anna, entamèrent le début de leur nouvelle aventure. Bien chaussés, Joseph-Arthur et Rose-Anna partirent à pied, avec, pour seul compagnon, leur chienne Lilly et leur cheval de traie, une hache, un baluchon et quelques provisions.

Se frayant un chemin qui, derrière eux se dépêchait à se refermer, pas à pas, à travers branchages, arbres, arbustes et marais, Joseph-Arthur et Rose-Anna avançaient lentement, prudemment, de jour, dans cette immense forêt touffue de pins gigantesques, magnifique, silencieuse et inconnue. 

Joseph-Arthur et Rose-Anna l’ignoraient, mais ils avaient, outre leur cheval et Lilly, plusieurs autres compagnons : de multiples moustiques qui se plaisaient à leur montrer combien ils les adoraient. Au-dessus d’eux, le roucoulement de quelques oiseaux qui épiaient les visiteurs passagers et le bruit de deux écureuils qui suivaient leurs moindres faits et gestes, curieux de voir pour la première fois de leur vie, quatre nouvelles sortes d’animaux sur leur territoire, deux humains, un cheval et un chien domestiqué. Joseph-Arthur et Rose-Anna « montaient dans le Nord » !

iv) L’acquisition de terres

Avant de partir, Joseph-Arthur avait choisi son lot auprès de l’agent des terres qui lui avait délivré son billet de location, un document officiel aux termes duquel Joseph-Arthur s’engageait à défricher et à cultiver 10 % de la superficie de son lot (une terre de 100 acres) et à y bâtir une maison, contre un paiement total de 30 $.[xlviii] Pour la suite, vous connaissez l’histoire récitée au préambule.

v) Les premiers touristes à Saint-Jovite et à Mont-Tremblant

C’est à compter de l’année 1893, avec l’arrivée du train, mais davantage vers les années 1900, dans la région de Saint-Jovite, que les premiers visiteurs et villégiateurs commencèrent à découvrir la richesse de notre région, attirés notamment par la chasse et la pêche. Puis, les premiers séjours des vacanciers étaient dirigés notamment vers le lac Tremblant.

vi) Les premières familles au lac Tremblant et au lac Mercier

La découverte de notre territoire, pour fins de vacances et de loisirs, était prisée par les riches familles américaines mais également par les riches familles de Montréal qui y virent également un certain snobisme, alliée à une dose de curiosité. Certaines, plus entrepreneurs, y découvrirent de belles opportunités. La famille Birks, par exemple, fit construire à cette époque au lac Tremblant le premier camp de chasse et pêche.

Également à la même époque, Henri-Honoré Mercier, le fils du premier ministre Honoré Mercier, se porta acquéreur d’une magnifique villa située sur les rives de notre lac, le « lac Sem », que l’on re rebaptisera en décembre 1968 … le « lac Mercier ».[xlix]

vii) Les premiers hôtels au lac Ouimet

C’est aussi au cours de cette période, en 1894, que George Ernest Wheeler et Lucile Aldridge (une riche famille américaine), se portèrent acquéreurs d’un vaste terrain au « lac Ouimet ». Ils y ont construit une scierie et en ont commencé une exploitation profitable. Malheureusement un important feu de forêt ravagea une partie de cette région, dont l’actuel domaine Saint-Bernard et le moulin et l’inventaire de bois de M. Wheeler. Pour survivre, Mme Aldridge eut l’idée de convertir leur résidence sur le lac Ouimet en une auberge comptant dix chambres et d’y inviter leurs amis américains.

Plus tard, en 1914, ils agrandirent cette auberge qui passa de 10 à 35 chambres. C’est ainsi que le nom de l’auberge Gray rock vit le jour en 1906 et débuta ses premières campagnes promotionnelles visant notamment une clientèle cible, les américains, mais également quelques familles anglophones de Montréal. C’est vers les années 1949 que les premiers forfaits prenaient naissance conviant les vacanciers à des séjours de fins de semaine au cours des trois saisons (printemps, été et automne).

viii) Les maisons de pensions aux lacs Maskinongé, Tremblant, Ouimet et Mercier

Six ans plus tard, à compter de 1920, des maisons de pension d’une dizaine de chambres destinées aux personnes de âgées commencèrent à se propager. Offertes avec luxe, salon et salle à manger et avec accès à une magnifique plage, ces premiers foyers virent le jour sur les bords des rives des lacs Maskinongé et Mercier.

À celles-ci se multiplièrent plusieurs hôtels, tels l’hôtel Meilleur au lac Tremblant, le Pine’s et le Sandy Beach Hotel, au lac Maskinongé. Ces hôtels étaient ouverts pour la saison estivale uniquement (juillet – août).  Ils n’étaient pas alors aménagés pour affronter la rigueur de nos hivers. Il est certain que les beaux lacs de notre région et ces magnifiques hôtels étaient synonymes de gages assurés d’attraits de Montréalais avides de découvertes d’un Nouveau Monde aux richesses inestimables. Bien que le train amenait les touristes à Saint-Jovite, ces derniers s’empressaient de poursuivre leur périple vers les nombreux lacs de la région où les tenanciers d’hôtels les y accueillaient pour un séjour inoubliable.

Les lacs Tremblant, Mercier, Ouimet et Maskinongé étaient les premiers lacs prisés de la région.[l]

ix) Le développement de la montagne de ski

Il faudra attendre dix-huit ans plus tard, soit en 1938, pour que notre région connaisse un réel Boom touristique grâce à Joseph Bondurant Ryan, un riche américain résident de Philadelphie. Lors d’un voyage dans notre région, M. Ryan, comme tous ceux qui visitaient notre région, fut émerveillé par la richesse de ce qu’il découvrit. Voyant la beauté, la situation et la hauteur de notre montagne, le Mont-Tremblant, il eut l’idée d’en faire un centre de ski et d’y construire, au pied de la montagne, un village alpin de classe internationale.

C’est ainsi que le 12 février 1939, le chic Mont-Tremblant Lodge voyait le jour et y accueillait ses premiers skieurs sur ses six pistes, grâce à sa première chaise de remontée (Chair ski lift de 4 200 pieds de câble, 250 skieurs à l’heure).[li]

Le lac Mercier

i) Le lac Sem

Le lac Mercier s’appelait « lac Sem »[i] jusqu’à la fin du XIXe siècle (nom d’un ancien employé d’une compagnie forestière de l’époque). Ainsi, selon Mme Thérèse Borduas qui a également réalisé une excellente recherche sur « La petite histoire du lac Mercier » (d’hier à aujourd’hui) [ii], au début du XXe siècle, notre lac changea de nom pour adopter le nom qu’on lui connaît de nos jours, le « lac Mercier », en l’honneur d’Honoré Mercier, neuvième premier ministre du Québec (1887-1891). La commission de toponymie du Québec officialisa ce nom le 5 décembre 1968. Le lac Mercier fait partie de la Municipalité de Mont-Tremblant.

ii) Le lac Mercier

Le lac Mercier est situé au pied du mont Plaisant. Il fait partie de la Municipalité de Mont-Tremblant, laquelle fait partie de la MRC des Laurentides. Le lac Mercier a une superficie de 1 236 km2. Le volume du lac est de 15 762 000 m3 et la profondeur moyenne est de 12,8 m. Il mesure environ 3 km de long par 0,5 km en moyenne sur sa largeur.  

La moitié de son lac est bordé par la piste le « P’Tit train du nord ». Le lac Mercier a une orientation nord-ouest-sud-est. Il se décharge dans la rivière du Diable.  Accessible à la baignade, le Lac Mercier accueille les baigneurs à sa plage municipale sablonneuse située au cœur même du vieux Village.

iii) Le développement du lac Mercier

Alors que le développement d’autres régions, comme le lac des Sables, à Sainte-Agathe-des-Monts, visait à attirer au tournant du XXe siècle une plus grande bourgeoisie montréalaise grâce à de somptueuses villas, la villégiature estivale au lac Mercier a conservé son caractère plus modeste.[liii]

L’inauguration, en 1904, de notre gare ferroviaire au lac Mercier devint un important tournant de notre histoire permettant de couper sur son isolement et accélérant son développement. Tel que vu ci-dessus, l’industrie forestière était à son point culminant. La société Standard Chemical s’installa dans notre vieux Village (sur l’actuelle rue Du Couvent) pour y fabriquer des produits chimiques à partir du bois. Cette implantation permis à l’hôtel Mont-Tremblant, le premier hôtel de villégiature construite de notre région, de voir le jour en 1902. Plusieurs maisons furent également construites le long de la voie ferrée pour y loger les nombreux employés. Le train facilitait le transport rapide des produits de l’entreprise vers Montréal.[liv]

C’est à compter de 1920 que des maisons de pensions commencent graduellement à se propager pour y accueillir de premiers visiteurs et pensionnaires. À compter de 1926, l’industrie du tourisme commence à supplanter l’industrie du bois. Après tout, Montréal n’était qu’à « douze (12) » petites heures de Montréal.

C’est donc vers ces années que l’effervescence de notre région pris naissance.  Un incendie majeur se produisit dans notre vieux Village et l’hôtel Mont-Tremblant fut ravagé par les flammes. Il fut reconstruit en 1918. Il fut suivit de la construction de notre église en 1929 et c’est vers 1937 que l’hôtel Mont-Tremblant commence à héberger des skieurs attirés par la montage, notre montagne, … la montage de Marie-Claude! : « le Mont-Tremblant ».[lv]

D.-  CONCLUSION


Nous sommes le 24 décembre 2020. Les générations futures poursuivront l’histoire de notre lac en indiquant assurément que l’année 2020 aura été marquée par la pandémie de la COVID-19 ayant présumément pris naissance dans un marché de la ville de Wuhan (sud de la Chine).

Ils diront probablement que cette maladie infectieuse découle d’un nouveau virus de la famille des coronavirus, le SRAS-CoV-2, apparu à Wuhan, en Chine, en décembre 2019.

Vivement le Bye-Bye 2020 et le début de l’année 2021 et les vaccins prometteurs annoncés. L’histoire nous racontera également un jour que le Québec a été pris de court le 11 mars 2020 quand tout a chamboulé sur la planète. Au moment d’écrire ce récit, la situation demeure encore extrêmement inquiétante partout dans le monde et notamment aux États-Unis, où, aux termes des élections du 3 novembre 2020, un certain Trump n’admet toujours pas sa défaite contre le nouveau président élu, M. Biden. Quelques vaccins viennent tout juste d’être homologués et viennent tout juste d’amorcer leurs processus de distribution.

Malgré tout, et tel qu’indiqué au préambule, cet état de fait nous ramène aux vraies valeurs de la vie : ce qui importe ne sont pas les « biens matériels », mais bien « la santé » et « le plaisir de côtoyer des gens de cœur, généreux et partageant nos valeurs ».

Aujourd’hui, 24 décembre « 2020 », 6h45 AM., soit 146 ans plus tard que le début de la merveilleuse histoire de Joseph-Arthur et Rose-Anna, Katherine (l’une de leurs lointaines descendantes), 29 ans, magnifique jeune dame élancée à la chevelue longue et noir ondulée, tend le regard vers le petit écran du « Google Nest Hub » placé sur la table du salon et prononce une série de mots magiques « Ok Google, bon matin ».

C’est alors que, par enchantement et automatiquement, la cafetière commence à produire cet élixir matinal, le téléviseur s’ouvre et se synchronise aux nouvelles du matin, les rideaux s’entrent-ouvrent pour laisser entrer les premières lueurs du soleil du matin, et les ampoules de la lampe de la table d’appoint, près du soyeux sofa Ploum de la ligne Roset acquis chez Maison Corbeil, prirent vie.

Qui eût cru penser à l’époque de Joseph-Arthur et de Rose-Anna que, près de 150 ans plus tard, tout le « tipi » donnant front au lac Mercier s’orchestrerait ainsi automatiquement du simple timbre de la voix?

Le frère deKatherine, Pierre-Olivier (PO) poursuivit et prononça quelques mots additionnels magiques dont la réponse ne tarda pas à suivre :

Dis Siri :

Qu’est-ce qui distingue le lac Mercier de tous les autres lacs de la planète?

Et Siri répondit :

« Le lac Mercier a une âme

et ses résidents ont des talents et des passions ».

Joyeux Noël à tous et à toutes…

De la part de Marie-Claude, Katherine (Joe), Pierre-Olivier (Kim), Lilly (Léna) et … nos ancêtres, ainsi que, votre tout dévoué :

Me Patrice Vachon , Avocat,

Président

Association des résidents du lac Mercier inc.




Sources :

De très nombreuses sources ont servi à la confection de ce récit. Elles font l’objet d’une citation en notes en bas de page.  L’objectif de cet ouvrage était principalement d’apprendre sur le sujet et de partager l’information colligée ici et là au bénéfice des lecteurs avides de connaissance et d’en savoir davantage sur la trace de nos ancêtres.

Pour en apprendre plus sur ce thème, nous vous invitons à consulter notamment les quatre excellentes sources suivantes présentant, de façon beaucoup plus exhaustive, plusieurs volets historiques de notre histoire, photos, expositions, chroniques, vidéos et balados à l’appui. Nous les remercions d’ailleurs pour l’excellence de leur travail. Ils ont été une source inspirante, motivante et importante d’information pour cet ouvrage et nous leur reconnaissons l’entière paternité de cette information reproduite ici et là et puisée dans leurs ouvrages :

1875, chemin du Village, bureau 201, Mont-Tremblant, Qc  J8E 1K4; 819-717-4224; sopabic1@gmail.com

https ://www.facebook.com/search/top/?q=sopabic

http ://www.sopabic-patrimoine.org/musee-virtuel/

  • DANIEL BROSSEAU : il était une fois les Laurentides; Fondateur du groupe de L’histoire de Mont-Laurier et du comté d’Antoine Labelle

https ://www.facebook.com/groups/153730211629627/user/100007859323131

Voir aussi :

www.dioceseml.com/histoire-du-diocese

Chroniques historiques de Luc Coursol.

PHOTO :

Source de la photo du train au lac Mercier en début de chapitre :

Merci à Mme Karin Balchunas pour la photo soumise en première page. Sur cette photo vous apercevez le P’tit train du nord au lac Mercier à Mont-Tremblant dans les Laurentides vers 1950. Autre source pour cette photo : Compagnie : Chemin de fer du Canadien Pacifique – Localisation : Gare du lac Mercier (Mont-Tremblant) – Date : vers 1950 – Photographe : carte postale par Ludger Charpentier – Autre Source : Collection MGV.


[i] Ibid.

[ii] https://www.internetsociety.org/fr/internet/history-internet/brief-history-internet/

[iii] https://histoireengagee.ca/ce-que-les-annees-1850-peuvent-nous-enseigner

[iv] https://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/politique-gouvernement/confederation-canadienne/Pages/quebec-1867.aspx#a

[v] Ibid.

[vi] https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/colons-vie-des

[vii] https://magazine.saq.com/fr/reportages/lorigine-du-caribou/

[viii] https://www.museedelhistoire.ca/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france/vie-quotidienne/

[ix] https://www.museedelhistoire.ca/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france/vie-quotidienne/divertissements/

[x] http://www.biographi.ca/fr/bio/labelle_francois_xavier_antoine_12F.html

[xi]      https://www.villedemont-tremblant.qc.ca/public_upload/files/culture/voies%20de%20notre%20histoire/les-voies-de-notre-histoire-la-colonisation.pdf?v=2703; p. 11

[xii]https://www.mrc-antoine-labelle.qc.ca/sites/www.mrc-antoine-labelle.qc.ca/files/upload/Fiches_patrimoine/2-fermes_forestieres_161223.pdf

[xiii] https://www.stephanetessier.ca/alimentationenNouvelle-France.htm

[xiv] http://www.sopabic-patrimoine.org/laver-et-repasser/

[xv] http://www.sopabic-patrimoine.org/laver-et-repasser/

[xvi]http://collections.musee-mccord.qc.ca/scripts/explore.php?Lang=2&tableid=11&tablename=theme&elementid=93__true&contentlong

[xvii] Patrice Vachon (vers 1958).  Mémoire de ma jeune enfance.  Chalet des grands-parents à Saint-Michel de Wentworth avec le Curé de la paroisse.

[xviii] https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_jour_sans_fin

[xix] Pour une source complète sur les tenues vestimentaires, consultez : https://archipel.uqam.ca/10691/1/D2759.pdf

[xx] http://www.sopabic-patrimoine.org/vetir-la-famille/

[xxi] http://www.sopabic-patrimoine.org/vetir-la-famille/

[xxii] http://www.sopabic-patrimoine.org/chausser-la-famille/

[xxiii] https://www.erudit.org/fr/revues/haf/1977-v31-n2-haf2097/303607ar/

[xxiv] http://www.sopabic-patrimoine.org/les-metiers-dantan/

[xxv] https://auxtroiscouvents.org/la-drave/

[xxvi] https://archipel.uqam.ca/11504/1/222058899.pdf, p. 139

[xxvii] https://histoirevaldavid.com/wp-content/uploads/2019/07/Histoire-de-quelques-ponts-et-moulins-de-Val-David.pdf

[xxviii] https://www.facebook.com/groups/153730211629627/permalink/1264437897225514/

[xxix] https://www.erudit.org/en/books/culture-francaise-damerique/erudition-humanisme-savoir-actes-colloque-en-lhonneur-jean-hamelin/000481co.pdf, p. 142

[xxx]http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=169745&type=bien#.X3sBfcJKjZs

[xxxi]http://www.sopabic-patrimoine.org/industrie-et-commerce/

[xxxii]https://www.villedemont-tremblant.qc.ca/public_upload/files/culture/voies%20de%20notre%20histoire/les-voies-de-notre-histoire-la-colonisation.pdf?v=2703; p.11

[xxxiii] https://www.museedelhistoire.ca/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france/vie-quotidienne/alimentation/

[xxxiv] https://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_national_du_Mont-Tremblant#Patrimoine_naturel

[xxxv] http://www.sopabic-patrimoine.org/la-chasse-et-la-peche/

[xxxvi] http://www.sopabic-patrimoine.org/les-metiers-dantan/

[xxxvii] Ibid

[xxxviii] http://www.museevirtuel.ca/community-stories_histoires-de-chez-nous/antoine-labelle-l-homme-son-oeuvre_the-man-his-legacy/galerie/inauguration-chemin-de-fer-q-m-o-o-de-montreal-a-saint-jerome/

[xxxix] https://www.villedemont-tremblant.qc.ca/public_upload/files/culture/voies%20de%20notre%20histoire/les-voies-de-notre-histoire-la-colonisation.pdf?v=2703

[xl]  https://grandquebec.com/laurentides/mont-tremblant/#:~:text=Le%20nom%20de%20Mont%2DTremblant,%C2%AB%20la%20montagne%20des%20esprits%20%C2%BB.

[xli] https://www.villedemont-tremblant.qc.ca/public_upload/files/culture/voies%20de%20notre%20histoire/les-voies-de-notre-histoire-la-colonisation.pdf?v=2703

[xlii] https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Labelle

[xliii] https://www.villedemont-tremblant.qc.ca/public_upload/files/culture/voies%20de%20notre%20histoire/les-voies-de-notre-histoire-la-colonisation.pdf?v=2703

[xliv] https://www.alloprof.qc.ca/fr/eleves/bv/histoire/les-mouvements-migratoires-1840-1900-h1183

[xlv] http://www.biographi.ca/fr/bio/labelle_francois_xavier_antoine_12F.html

[xlvi] https://www.alloprof.qc.ca/fr/eleves/bv/histoire/les-mouvements-migratoires-1840-1900-h1183

[xlvii] https://www.villedemont-tremblant.qc.ca/public_upload/files/culture/voies%20de%20notre%20histoire/les-voies-de-notre-histoire-la-colonisation.pdf?v=2703

[xlviii] https://www.villedemont-tremblant.qc.ca/public_upload/files/culture/voies%20de%20notre%20histoire/les-voies-de-notre-histoire-la-colonisation.pdf?v=2703; p. 11

[xlix] https://www.villedemont-tremblant.qc.ca/public_upload/files/culture/voies%20de%20notre%20histoire/les-voies-de-notre-histoire-la-villegiature.pdf?v=53267; p. 25

[l] https://www.villedemont-tremblant.qc.ca/public_upload/files/culture/voies%20de%20notre%20histoire/les-voies-de-notre-histoire-la-villegiature.pdf?v=53267; p. 29

[li] https://fr.wikipedia.org/wiki/Mont-Tremblanthttps://www.villedemont-tremblant.qc.ca/fr/ville/portrait-de-la-ville/dates-qui-ont-marque-notre-histoire

[lii]      Ressources Naturelles Canada –http://www4.rncan.gc.ca/recherche-de-noms-de-lieux/unique/75333e29be3b11d892e2080020a0f4c9; http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/ToposWeb/Fiche.aspx?no_seq=40575

 http://www4.rncan.gc.ca/recherche-de-noms-de-lieux/unique/75333e29be3b11d892e2080020a0f4c9; http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/ToposWeb/Fiche.aspx?no_seq=40575

[liii] https://baladodecouverte.com/circuits/643/poi/7286/plage-du-lac-mercier

[liv] http://petitehistoiredulacmercier.ca/fr_FR/histoire/

[lv] Ibid.


error: Alert: Content is protected !!